Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 25 février 2017

Légende de la Grosse Biesse

Texte de J-L Troquet

Autrefois à Marche, au « Fond des Vaulx », vivait un peuple de nutons barbus coiffés de bonnets pointus. Ils étaient très gentils et travailleurs. Comme ils étaient timides, jamais ils ne se montraient. Cependant, ils rendaient de nombreux services à la population.

Un matin, à la surprise générale, les nutons envahirent la ville. Il y en avait partout : dans les greniers, dans les caves, dans les armoires... Le comte de Marche fit capturer un nuton. Il lui demanda pourquoi son peuple avait fui les grottes du Fond des Vaulx. Le petit bonhomme répondit que la « Grosse Biesse du Fond des Vaulx » les avait effrayés. Alors le comte se souvint de l'existence d'une bête étrange qui se terrait dans un gouffre, « Li Trô thi Ô fosses ».

Elle était grosse comme deux éléphants, avait une longue queue pointue, une tête de crocodile, des écailles comme des assiettes, un long cou et de grandes dents. Son dos était garni d'une crête toute découpée et sa bouche crachait du feu. Elle ressemblait à un dragon. Le comte ordonna immédiatement de battre tambour pour rassembler soldats et Marchois afin de tuer l'animal. Tous, armés jusqu'aux dents, partirent à la recherche du monstre...

Pendant ce temps, dans les bois, une petite fille jouait à cache-cache avec son chien. Inquiète de ne pas le revoir, elle s'éloigna de plus en plus et arriva au Fond des Vaulx. Tout à coup, les feuilles des arbres s'écartèrent...Une énorme tête avec deux gros yeux brillants apparut. Le monstre s'avança en crachant du feu. Prise de panique, la fillette recula. Le chien bondit de sa cachette, se précipita sur le dragon et lui mordit la queue.

La bête se mit à gémir comme un tout petit animal. La fillette eut pitié d'elle, la consola et la soigna.

Nos trois nouveaux amis décidèrent de rentrer en ville. A la vue du monstre, les gens effrayés tentèrent de le tuer. La petite fille les supplia de ne lui faire aucun mal car, cria-t-elle, son nouvel ami était inoffensif et très gentil.

Chacun fut convaincu. Le comte fit organiser une grande fête au cours de laquelle la bête promit de ne plus effrayer les nutons. La « Grosse Biesse », surnommée ainsi par les Marchois, retourna vivre dans son gouffre en promettant de revenir leur dire bonjour de temps à autre.

Et c'est ainsi que chaque année, on peut voir la Grosse Biesse du Fond des Vaulx au carnaval de Marche.

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