Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 25 février 2017

Padam, Padam

Cet air qui m'obsèd' jour et nuit
Pourtant n'est pas né d'aujourd'hui
Il vient d'aussi loin que je viens
Traîné par cent mill' musiciens
Un jour cet air me rendra folle,
Cent fois j'ai voulu dir' pourquoi
Mais il m'a coupé la parole
Il parle toujours avant moi
Et sa voix couvre ma voix

Padam, Padam, Padam,
Il arrive en courant derrièr' moi,
Padam, Padam, Padam,
Il me fait le coup du "souviens-toi"
Padam, Padam, Padam,
C'est un air qui me montre du doigt
Et je traîne après moi comm'un' drôle d'erreur
Cet air qui sait tout par coeur

Il dit rappell' toi tes amours,
Rappell'toi puisque c'est ton tour;
Y a pas d'raison que tu n'pleur's pas
Avec tes souv'nirs sur les bras.
Et moi je revois ce qui reste,
Mes vingt ans font battre tambour,

Je vois s'entrebattre des gestes
Tout' la comédie des amours
Sur un air qui va toujours.

Padam, Padam, Padam,
Des "je t'aim'" de quatorze juillet
Padam, Padam, Padam,
Des "toujours" qu'on achète au rabais
Padam, Padam, Padam,
Des "veux-tu, en voilà" par paquet,
Et tout ça pour tomber juste au coin d'la rue
Sur l'air qui m'a reconnue

Padam, Padam, Padam,
Ecoutez le chahut qu'il me fait,
Padam, Padam, Padam,
Comme si tout mon passé défilait,
Padam, Padam, Padam,
Fait garder du chagrin pour après
J'en ai tout un solfèg' dans cet air qui bat,
Qui bat, comme un coeur de bois