Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 25 février 2017

Mais qui est donc ce Grand Mautchî 2012?

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Nicolas Poës, fils du réputé boucher marchois et par ailleurs connaissance du Grand Mautchî, a dressé un portrait de Patrick Peret, celui qui portera dorénavant dans le milieu folklorique marchois le nom de "Patrick li Mineu d'Arèdje". Découvrons-le donc au travers de son récit... et de quelques photos et documents que Patrick est allé rechercher dans ses archives...

Quoi de mieux pour régner sur l'assourdissante cacophonie carnavalesque marchoise qu'un Mineu d'Arèdje gonflé aux décibels ? Patrick Peret n'a pas attendu le nombre des années pour exercer ses talents d'ampli sur patte. En 1957 déjà, notre sonorissime altesse, âgée de quelques secondes à peine, révisait ses gammes à tue-tête sur la table de sa grand-mère, dans la rue de la gendarmerie à Marche-en-Famenne. L'histoire ne dit pas, par contre, si ce récital précoce lui valut sa première amende pour tapage nocturne... Peut-être les forces de l'ordre éprouvaient-elles trop de respect pour la noble lignée des Peret, tribu d'artisans dont les racines remontent jusqu'aux origines de Marche, et qui compte, dans ses rangs, quelques figures aussi mémorables que le Grand Georges, sonneur de rue statufié place de l'église.

Comme tout bon marmot de Mautchî qui se respecte, Patrick passe son enfance à courir les ruelles de Marche. De l'impasse de l'actuelle rue Chantraine au Fond des Vaulx, en passant par les étangs Georgin, le terrain vague Molhan ou encore le Monument, rien d'étonnant à ce que ses pas aient fini par s'entortiller dans la crinière dorée d'une Marchoise d'origine, Annick Bourlon. Une blonde de caractère pas totalement étrangère au protocole monarchique, puisque c'est en tant que princesse qu'elle défile au côté de René 1er, représentant princier du comité du Chamay, en 1975.

Mais il ne suffit pas d'être Marchois pour se faire entendre dans le vacarme du Carnaval. Et ça, li Mineu d'Arèdje l'a bien compris. Voilà plus de 40 ans que ce chahuteur notoire fait vibrer les soirées au rythme de sa sono endiablée. En 1970, les guindailleurs du tout Marche font la découverte d'« Electronic Fire », artisan des enceintes dont les montages sonores enflamment la maison des jeunes et ses soirées étudiantes à plus d'une reprise.

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Dans les années 1980, Electronic Fire se transforme en Disco-Fire, l'une des plus grosses machines à son de la province. Sa spécialité ? L'animation et la sonorisation de kermesses, grosses soirées et autres bals en plein air. Dans la foulée, celui que ces proches continuent à surnommer « Pépé » entre dans la clandestinité avec la radio pirate « Radio Week-End », avant d'accéder aux commandes de« Radio 2000 », ancêtre de Bel RTL 101.6Mhz, et de fonder la sono DJ « Radio 2000 Driv'in Show »

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Radio Week-end dans un studio mobile au carnaval 1981

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Il faudra attendre les années 1990 pour que Patrick adopte le surnom qui lui fait désormais office de titre princier, « Mineu D'Arèdje ». Un label réservé aux fêtes privées, les grosses soirées étant la spécialité de son alter ego, DJ Ibisa.

Les années 2000 et la quarantaine aidant, notre Mineu d'Arèdje attitré choisit de mettre son expérience au profit de la génération future en sonorisant les concerts de jeunes musiciens régionaux. Ce qui ne l'empêche pas de passer de l'autre côté des platines en tant que bassiste dans un groupe de reprises, intitulé « Garden-Party ».

 

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Cet amour de la musique, des sons amplifiés et de tout ce qui est susceptible de faire du bruit, li Mineu d'Arèje l'a très probablement hérité de ses aïeux, déjà fort versés dans l'art du raffut. Emile Peret, son grand-père, était musicien dans
l'Harmonie Catholique de Marche, quand il n'égaillait pas les festivités régionales de son tuba. Quant à son père, il combinait la clarinette dans l'Harmonie Royale de Marche et le saxophone dans un orchestre de bal, « The Hussard's Star Band ». Avec un tel pedigrée, pas étonnant que Patrick ait préféré les strobe-lights assourdissants du dance floor à la retraite monastique. Et ses trois enfants sont bien partis pour lui emboîter le pas.

C'est bien beau de savoir faire du bruit. Mais encore faut-il pouvoir le mettre au service de la cause carnavalesque. Carnavaleux, carnavaleuses, rassurez-vous! Votre futur suzerain connaît son dossier sur le bout des doigts. Dès son plus jeune âge, ses parents l'ont initié aux joies du Carnaval et ont participé à des concours de costumes. Patrick n'a d'ailleurs pas attendu leur permission pour se fondre dans la foule des déguisements du mardi-gras. A douze ans, il brave l'interdit parental et s'en va les rejoindre au Cercle, masqué... alors qu'ils le croient dans son lit ! Depuis lors, li Mineu d'Arèdje parade régulièrement dans le cortège carnavalesque. Un cortège dont il sera, cette année, le chef d'orchestre le plus bruyant que Marche-en-Famenne ait jamais connu !

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