Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 10 & 11 février 2018

Le discours de Marc li Badineu di Mautch

 

DSC 4498Le GugusseGrand Mautchî Marc li Badineu a créé la surprise ce samedi en faisant intervenir Gugusse dans son discours d'intronisation!

 

 

 

 

 

 

Marc : Bonnes gens ici rassemblés,
           Carnavaleux de tous poils, de toutes plumes et de tous chapeaux,
           Mossieû le Mayeur,
           Messieurs-dames les échevins et échevines, conseillers et conseillères,
           Mautchîs di Mautche et habitants du Grand Marche, Godis, Gosaus, Porettes, Ognons, Couillons, papillons, champignons et tous les autres,
           Vous tous qui n’avez aucun titre ni qualité et que j’apprécie par-dessus tout,
           Bondjoû à Tortos !

Comme notre grosse Biesse bien-aimée, je n’en reviens pas… di Mautche,

Sin nom di dju ! Je n’en reviens pas de vous voir tous ensemble ici pour démarrer officiellement ce carnaval marchois pur jus !

Je n’en reviens pas ! Depuis 15 ans que je participe au Carnaval,
notre Grosse Biesse est revenue de tellement d’endroits qu’elle a fait 5 fois le tour du monde et qu’elle en a plein sa panse !
Alors aujourd’hui est un jour nouveau.
Moi, Marc li Badineû, Chenoix de famille, illustre habitant de la Principauté de la Route de Waillet, ancien du groupe de la Jeunesse de Waillet, fondateur des Sin-nom-di-dju, j’ai décidé qu’on allait laisser notre Grosse Biesse à la maison pour qu’elle jouisse… comme nous tous… de la joie de vivre dans notre petite ville !

Alors, comme notre grosse Biesse, je vous invite à dire tous ensemble : « Sin nom di dju ! Qu’est-ce qu’on est bien à Mautche ! »
Allez, répétez tous avec moi et bien fort : « Sin … nom di dju ! Qu’est-ce qu’on est bien à Mautche ! »
Extra… ! Allez, encore une fois mais beaucoup plus fort, pour qu’on nous entende jusqu’à Liège, Anvers et surtout Bastogne : « Sin … nom di dju ! Qu’est-ce qu’on est bien à Mautche ! »

A la bonne heure !

Gugusse : Ah Godferdomme, t’as raison, ti Marc ! Qu’est-ce qu’on z’è bin à Mautche, Sin nom di dju !

Marc : Hé là ! Mais qui est-ce qui cause ? Gugusse, c’est toi ? Où est-ce que tu es ?

Gugusse : Ben voci, hein, à la fenêtre au-dessus de toi, lîve ti gueûye hein gros Bôyaû ! Dis, wéte on pô comme t’es agadelè, avou on pot d’coleûr su t’ tchiesse !

Marc : Hé, Gugusse, si c’est pour m’emmerder, tu pouvais rester au paradis, hein, critchon, j’ai déjà assez à faire avec Alain Leriche sur mon dos toute la journée !

Gugusse : Rester au paradis ? T’es crevé biesse ou qwè ? Quand je vous ai entendus tous crier qu’on est bien à Marche, mon sang n’a fait qu’un tour hein si en cas !

Marc : Ca c’est bien vrai, Gugusse ! On va tous le crier encore une fois pour toi : « Sin nom di dju ! Qu’est-ce qu’on est bien à Mautche ! »

Gugusse : Et quoi, Marc ? Ca fait que c’est toi le Prince carnaval ainsi …?

Marc : Dites, Mossieû Gugusse, il faudrait remettre votre page internet à jour! On ne dit plus Prince, hein si en cas,
on dit Grand Mautchî depuis au moins 23 ans !

Gugusse : Ah ça, Mau-tchî, c’est ti to tchî, hein, Marc !

Marc : Clô t’ gueûye, hein, Gugusse ! Laisse-moi continuer mon discours !
Mesdames et Messieurs, comme je vous le disais, je n’en reviens pas de tout ce qui est bien à Marche, de tous les gens sympathiques qui font vivre la ville…

Gugusse : Sympathiques ? Ca dépend qui, hein, Badineû ! Mais ni t’è fait nin, je ne citerai pas de noms !

Marc : Merci, Gugusse ! Je n’en reviens pas non plus de toutes les transformations qui ont embelli notre ville, à part certaines, bien entendu ! Tenez, par exemple, moi, Marc li Badineû, je suis dans une impasse ! Sin nom di dju !
Oui, Mesdames et Messieurs, la Route de Waillet est devenue une impasse ! Une magnifique impasse, mais…
avec une piste cyclable de chaque côté, un vrai mini-boulevard urbain pour vélos !

Gugusse : Ferdomme, ti, les deux cyclistes qui passent sur la Route de Waillet tos les djoûs auront chacun leur piste ! Ils n’pourront mal de faire une collision, sais-tu !

Marc : Oui, Gugusse, il y a même une des deux pistes qui est réservée aux PMR, tu sais, les Poivrots Moyennement Roulants : elle fait 2,68 mètres de large et déborde largement sur ma façade !

Gugusse : Ben comme ça tous les guindailleurs de ton quartier, je ne sais pas moi, le juge Lambrecht ou Alain Dantinne, tu vois, eh ben ils pourront zigzaguer à leur aise en revenant des bals du Carnaval !

Marc : Ah mais, Mesdames et Messieurs, si on avait laissé faire la commune, ce ne sont pas 2, mais 6 bandes cyclables qu’on aurait eu ! Alors les sages de la Principauté de la Route de Waillet ont fermement soutenu l’opposition radicale de Bernard Ridelle quand il a refusé d’apprendre à ses chevaux à rouler en vélo ! Et Ridelle, c’est un homme très à cheval sur ses principes !

Gugusse : Hé, dites, si vous ne réagissez pas tout de suite, la Route de Waillet va devenir un quartier pauvre, hein si en cas!

Marc : Non hein, Gugusse, on va profiter de la piste cyclable pour industrialiser la route de Waillet. Personnellement, je compte installer une éolienne dans mon jardin qui alimentera une borne de recharge pour vélos électriques devant ma maison.

Gugusse : Hé, faudra dire à l’échevin Piérard qu’un quadricycle à moteur Tesla n’est pas un vélo, hein, valèt ! Dis, de quoi encore est-ce que tu n’en reviens pas, Marc ?

Marc : Eh bien je n’en reviens pas non plus de tous les appartements qu’on fait dans tous les coins ! Je me demande bien qui on va mettre là-dedans ! Regarde devant le cimetière, on dirait des nichoirs fantômes réservés aux SDF !

Gugusse : Aux SDF ? Dis, t’as vu les prix ? C’est déjà l’équivalent de millions de litres de pèkèt, hein, un appartement !

Marc : Oui mais SDF à Marche, c’est Sans Difficultés Financières, hein si en cas ! Et puis, même les castors viennent construire à Marche, et sans permis en plus ! Tous les ruisseaux sont bouchés depuis que les castors sont protégés ! On a eu Décathlon, Décorama, et maintenant, on a le plus grand Castorama du monde !

Gugusse : Note bien que les castors, ils ont un pouvoir de démolition important ! T’as vu chez Dreamland au Carmel, ils ont bouffé la charpente du toit pour consolider leurs barrages. Mais maintenant que tu as le pouvoir dans la ville, qu’est-ce que tu vas faire, Marc li Badineû ?

Marc : Et bien, Mesdames et Messieurs, je vous propose 5 actions d’envergure pour Mautche, alors accrochez-vous et n’hésitez pas à manifester votre joie à chacune de mes décisions pour la Ville. Ca va ?

La foule : (on espère) Oui

Marc : On ne vous entend pas ? Carnavaleux, est-ce que ça va ?

La foule : (on espère) Oui

Marc : C’est bien, je vous récompenserai grassement au chapiteau juste après !

Gugusse : Dis, Marc, c’est fini de graisser la patte de tes sujets, là ! C’est pas encore les élections, hein mil djus !

Marc : Tracasse pas, Gugusse, la commune fait pareil chaque année au Souper Communal !
Alors, premièrement, moi, Marc li Badineu, je vais introduire la candidature de Marche pour tester les Taser. On l’offrira à Aurélie du Service Environnement de la ville, comme ça elle pourra enfin sortir de son bureau pour aller paralyser tous les castors.

Gugusse : Ouf ti ! Carrément ! Hé Marc, qu’est-ce que tu vas faire de tous les castors qui seront paralysés ?

Marc : Des cadeaux, Gugusse ! J’offrirai une queue de castor à tous les hommes du carnaval.

Gugusse : Olé !!!!!!! Sin nom di dju, ti ! Ils vont être montés les hommes avec ça ! Ah, je vois déjà des femmes de gilles, là dans le fond, qui n’ont pas l’air heureuses !

Marc : Deuxièmement, je vais réadapter les normes d’urbanisme du Boulevard urbain : je vais supprimer tous les Domino, Pizza Hut, Kentucky Fried Chicken et autres Mc Do sur le Boulevard urbain car ces « fast food » sont totalement inadaptés à la « slow circulation » dans la ville.

Gugusse : Ca c’est vrai ! Même notre cortège du carnaval va plus vite que le Boulevard à l’heure de pointe !

Marc : Troisièmement, afin de se protéger des envahisseurs potentiels qui peuvent surgir de Somme-Leuze, Erezée ou même Hotton, je vais profiter du vieux rempart qu’on a retrouvé à la Porte-Basse pour relever complètement la muraille de la ville ! Je vais ainsi valoriser la ferme Jamagne que la Commune a achetée avec nos petits sous !

Gugusse : Hé Minute, là ! C’est quoi, ça, la ferme Jamagne ? C’est à Marche, ça ?

Marc : Il paraît, Gugusse ! Marche a racheté la ferme Jamagne à Hogne, soi-disant parce qu’elle a une grosse fesse sur Marche et une petite fesse sur Hogne, mais personne ne s’en était jamais rendu compte…

Gugusse : Ben qu’est-ce que tu veux faire avec cette ruine-là, mi p’tit Marc ?

Marc : La détruire, Gugusse ! Pour prendre les matériaux pour relever les remparts ! Aujourd’hui, il faut recycler !

Gugusse : Olé !!!!!!! Dis, Grand Mautchî, si tu refais les murailles, il faudra aussi rénover les autres ruines ! Regarde le Pot d’Etain… !


Marc : Quoi le Pot d’Etain ? Ne raconte pas des couilles à un peintre, Sin nom di dju ! Si le pot d’étain… ben il n’y a qu’à le repeindre ! Regarde chez Guilmin au Wex, leur gros pot de peinture était déteint ! Une petite couche de rien du tout et hop, il est comme un sou neuf leur pot déteint !

Gugusse : Et il n’y a plus qu’à ravaler les deux patrons de chez Guilmin pour finir l’ouvrage ! Bin djouè l’balle, ti, blanc !

Marc : Je passe à mon quatrième point. Je vais faire un couvercle insonorisé à roulettes sur la Place aux Foires, comme ça les habitants du building des Marronniers ne verront plus Foires en Fête quand ils font de l’arèdge ! Et si jamais il pleut, on transportera le couvercle ici sur le Petit Chuffleû pour le samedi du Carnaval !

Gugusse : Dis, Grand Mautchî, ça n’est pas fort social, hein, ton programme ! Dji n’sais nin, mi, tu ne ferais pas quelque chose pour les vieux ou quoi… ?

Marc : T’as raison Gugusse ! Cinquième et dernier point de mon programme ! Tant que j’aurai les clés, je vais rénover la ville pour en faire un centre de bien-être et de villégiature pour tous les vieux carnavaleux ici présents qui font le carnaval depuis plus longtemps que moi : je pense à Guigui..., La Fraise…, MC…, Jacques Mordan… !

Gugusse : Dis, Marc li Badineû, s’occuper des vieux carnavaleux, c’est pas récupérer les épaves comme chez Prestat hein si en cas !

Marc : Vas-t’à l’djote, Gugusse ! 

Chers amis carnavaleux, permettez-moi d’en rester là pour le programme de mon règne ! Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, à toutes et à tous, un super bon carnaval !

Gugusse : Ah nom di dju ! Marc, ça c’est une bonne conclusion, hein !
On va allè s’è n’nè tchôker plein l’panse, hein, nos’autes ! Hein oui ? Je ne vous entends pas… Hein oui ?

Marc : Ah non, hein, Gugusse ! Je n’ai pas encore fini mon discours et tu me coupes déjà la parole ! Par contre, Monsieur le Bourgmestre, lui, il s’est tu… pour une fois !

Alors, pour le récompenser de nous avoir taxé toute l’année, au nom des Sin nom di dju, je vais lui offrir ………….
Elle a été réalisée par …… et c’est ………….. qui va la remettre au Mayeur.

On remet ………….. au Mayeur.

Marc : Voilà, Monsieur le Bourgmestre, si vous voulez bien déballer votre affaire… Parce qu’on l’a bien emballée, hein, pour qu’elle soit en sécurité !

Le mayeur doit déballer ……………..

Marc : Monsieur le Mayeur, j’espère que vous garderez ainsi un souvenir mémorable des Sin nom di dju…, parce que… Avec moi, tous ensemble : « Sin nom di dju ! Qu’est-ce qu’on est bien à Mautche ! »

Gugusse : Dis, Marc, t’as fini d’ berdèler comme onque qu’a ôse di tchîr è rin ol panse… ! Nom di dju ! Passqui li mayeûr deût co tchanter s’boquet, et je vois déjà ceux de l’Harmonie qui sont au bord de l’inanition… Tu sais bien, eux, les partitions, c’est one note, one gotte, one note, one gotte…

Marc : Allez, alors ! J’achève mon discours.

Mautchwès, Mautchwèsses,
Carnavaleûs, Carnavaleuses,
Que l’on danse partout !
Que l’on s’amuse comme des fous !
Que le peket coule dans nos cous !
Et surtout… qu’on tienne le cou jusqu’au bout !
Bon carnaval ! ! !

 

Entendre la réponse du bourgmestre