Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 02 & 03 mars 2019

2010 - La Grosse Biesse revient d'Hollywood - L'histoire

 

La Grosse Biesse revient de Hollywood.

Or donc, en ce temps-là, la Grosse Biesse s'ennuyait. Depuis longtemps, elle avait fait la paix avec les gentils nutons du Fond-des-Vaulx et elle était devenue l'amie et la protectrice de la bonne ville de Marche. Et elle en arrivait à regretter le bon vieux temps où elle terrorisait la région. Oh, elle avait eu du travail : elle avait roussi le poil des loups-garous de Grimbiemont, elle avait édenté le vampire de Jamodenne, elle avait déjoué les sortilèges de la macrâle du Chamay et du sorcier de Waillet, elle avait carbonisé l'affreux homme velu du bois l'Aguesse, elle avait..., elle avait...
Mais bon, maintenant, elle s'ennuyait.

Aussi, lorsqu'elle reçut une étrange proposition, elle sauta sur l'occasion : on lui proposait un petit rôle dans le film Jurassic Park 8, là-bas, en Amérique, à Hollywood.

Et la Grosse Biesse fit ses bagages et traversa l'Atlantique.

Elle ne fut pas déçue, tout lui plut.

Et elle aussi, plut, de plus en plus.

Son petit rôle fut remarqué, on loua son œil féroce et sa façon bien à elle de cracher le feu.

Elle obtint un autre rôle, plus important, dans le remake de la Belle au Bois Dormant.

Elle y excella.

Et on lui proposa le rôle principal dans la version 3-D de Donjons et Dragons

Ce fut un triomphe.

Voilà notre Grosse Biesse célèbre, fêtée, adulée.

Mais il y avait un revers à la médaille. Et ce revers, c'était la presse people. La Grosse Biesse devint la proie des paparazzis. On la suivait, on l'épiait, on scrutait ses moindres gestes. Elle avait beau se faire toute petite, elle trouvait un photographe à chaque coin de rue.

Lorsqu'on lui prêta une liaison avec Godzilla, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. En deux temps trois mouvements, la Grosse Biesse refit ses bagages et s'en retourna à tire d'ailes vers son cher Fond-des-Vaulx.

Et, là, elle redécouvrit le profond bonheur de vivre heureuse et cachée.

 

Jean-Louis TROQUET
novembre 2009