Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 22 & 23 février 2020

Solange et ses Aphrodites

Il y a bien longtemps, au milieu des terres marécageuses du Fond des Vaulx, d’étranges créatures qu’on appelait les Aphrodites gambadaient autour du Trotti, tel un fou autour d’un roi, une abeille autour d’une fleur de prunelle ou encore des carnavaleux autour d’une bouteille de macrâline. Quelles sont donc ces créatures non indigènes perdues en calestienne et qui, de plus, sont loin de faire « Marré » la grosse Biesse?

Ce sont nulles autres que Solange et ses Aphrodites qui, grâce à leurs charmes, leurs tentacules et leurs danses envoutent chaque soir la grosse Biesse ainsi que toutes les personnes qui leur tournent autour. Etant donné leur succès libertin auprès des mâles potentiels du voisinage, la grosse Biesse, verte de jalousie à l’idée que les Aphrodites ne lui soient pas fidèles, leur jeta un sort qui les pétrifia. Elles restèrent ainsi immobiles au fin fond de la grotte de la bête des années durant.

Mais un jour, la petite fille, curieuse, s’aventura dans le domaine de sa nouvelle amie la grosse Biesse. Guidée par son chien Filou, elle se retrouva tout au fond de la grotte face aux statues des danseuses et se souvint qu’il y a fort longtemps, de splendides créatures envoûtaient les rues marchoises.

Nostalgique de ne plus voir les Aphrodites danser, elle alla trouver la grosse Biesse et tenta de la convaincre de libérer les jolies Aphrodites.

La grosse Biesse fut d’accord mais elle mit ses conditions et n’accepta pas de lever entièrement le sort. Puisque les déesses voulaient danser, grand bien leur fasse, elles allaient danser. La Grosse Biesse transforma le sort et condamna plutôt les Aphrodites à danser et danser encore sans jamais s’arrêter.

C’est ainsi que certains soirs on peut apercevoir par-ci par-là de jolies déesses qui continuent de tournoyer et envouter la foule qui les entoure…