Carnaval de la grosse biesse

Marche-en-Famenne, 02 & 03 mars 2019

2008 - La GB revient du pays des 1001 nuits

Histoire écrite par Jean-Louis Troquet

LogoPf-05 Ce jour-là, la Grosse Biesse dormait tranquillement dans sa caverne du Fond-des-Vaulx quand elle fut réveillée par une délégation de nutons. Ils étaient bien ennuyés. Leur roi avait été choisi pour représenter la bonne ville de Marche au festival des mille et un contes qui devait se tenir cette année-là à Bagdad, capitale des villes magiques (parmi lesquelles Marche figurait en bonne place). Le roi des nutons était, en effet, un remarquable raconteur d'histoires. Mais voilà, il avait abusé de la tarte aux myrtilles vertes et aux oranges bleues et il était cloué au lit et au pot de chambre, secoué d'effroyables coliques. La Grosse Biesse, dont le bon cœur est sans pareil, accepta la mission.

Et la voilà partie pour Bagdad, cité des mille et une nuits.
Quel enchantement !
Un ciel de velours clouté d'étoiles, mille minces minarets montant à l'assaut du ciel, le vent parfumé du désert, le chant des muezzins... La Grosse Biesse était conquise.

Vint le soir des conteurs d'histoires.
Emerveillée, la Grosse Biesse écouta la princesse Scherazade raconter l'histoire d'Ali Baba et des quarante voleurs, l'histoire de Sinbad le marin, l'histoire du vizir qui fut transformé en chameau et, surtout, l'histoire d'Aladin et de la lampe merveilleuse. C'était magnifique.

Et puis, ce fut au tour de la Grosse Biesse de raconter. Quand elle commença, de sa voix grave et merveilleusement modulée, un grand silence se fit.

Elle parla de fées et de nutons, de macrâles et de princesses, des diables de la Famenne et du corbeau parlant du Cornimont. Mais surtout, elle raconta les fabuleux travaux de Gugusse le Marchois : la capture du loup-garou du bois l'Aguesse, le nettoyage du temple de Metropolis, la momie des Carmes, le brochet mangeur d'hommes du pont d'Ourgnette, le magicien bleu des Hys de Marloie, la vache folle des prés de Verdenne, le baron rouge de pont d'On, le godi sauvage de Jamodenne, la sirène de la Marchette, les pigeons déments du Piétonnier...

Bouche bée, tous l'écoutaient. Quand elle se tut, les applaudissements secouèrent la ville de Bagdad jusqu'en ses fondations. La Grosse Biesse reçut la médaille d'argent et, en récompense, un formidable tapis volant.

Quand elle revint à Marche, elle l'offrit aux amis de Gugusse. Mais pour une raison que l'on ne découvrit jamais, il refusa toujours de s'envoler.
Alors, depuis ce jour-là, les amis de Gugusse s'en servent pour projeter dans les airs, au Carnaval, les habitants de la bonne ville de Marche.